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Quoi de neuf en matière de gestion du poids ?

Ecrit par Myriam Hesta

Axer nos efforts sur la prévention pourrait constituer une stratégie plus efficace pour lutter contre l'épidémie croissante d'obésité chez nos animaux de compagnie. Cet article vise à aider les équipes vétérinaires à identifier les animaux présentant un risque de surpoids et à améliorer l'efficacité des programmes de prise en charge de l'obésité.

Article

5 - 15 min
Un vétérinaire échange avec un propriétaire de chien.

Points clés

Group 15 1

Le contrôle du poids commence dès le plus jeune âge ; privilégier la prévention autant que le traitement en identifiant les animaux à haut risque et en sensibilisant leurs propriétaires.

Group 15 2

Prendre en compte les facteurs de risque liés à la pratique vétérinaire (tels que la stérilisation et les traitements orexigènes) et mettre en place des stratégies préventives dès que possible.

Group 15 3

Renforcer l’engagement et la motivation des propriétaires en les impliquant dans le protocole thérapeutique et en utilisant des techniques de communication efficaces.

Group 15 4

Adopter une approche collaborative en impliquant toute l’équipe et transmettre des messages cohérents et homogènes, pour renforcer les recommandations clés et améliorer les résultats.

Introduction

La prévalence du surpoids et de l’obésité chez les animaux de compagnie touche jusqu’à 60 % de la population animale et continue d’augmenter à l’échelle mondiale. L'obésité est reconnue comme une maladie à part entière ; elle est associée à une réduction de la durée de vie, une diminution de sa qualité, et à de nombreuses comorbidités. Parmi celles-ci figurent les troubles orthopédiques, la dysrégulation du glucose et de l’insuline, certains cancers, les maladies des voies urinaires et l’hypertriglycéridémie (1). Les chats en surpoids présentent aussi un niveau plus élevé d'immunoréactivité de la lipase pancréatique féline (fPLI) que les chats minces, sans que l’on sache si cette observation traduit une pancréatite subclinique ou une altération métabolique secondaire à un excès de poids (2). Au-delà des effets directs sur la santé, l’obésité chez les animaux de compagnie peut également entraîner des charges financières et émotionnelles pour les propriétaires, qui sont souvent inconscients de l’état corporel de leur animal et peuvent utiliser la nourriture comme moyen émotionnel d’exprimer leur affection (1). 

Le traitement de l'obésité peut produire des motifs d’insatisfaction chez les vétérinaires. Trois facteurs majeurs de stress ont été identifiés :

  • la frustration et la déception associées à l'échec du traitement
  • le manque de compréhension des propriétaires
  • la faible observance des protocoles de traitement par les propriétaires.

 

Ces facteurs peuvent contribuer au stress professionnel et à la fatigue compassionnelle lorsque le désir du vétérinaire de protéger la santé de l’animal se heurte à la réticence, la résistance ou l'incapacité des propriétaires à respecter les recommandations faites pour lutter contre l'obésité (3). 

Même s’il est reconnu qu'une perte de poids améliore la santé, le bien-être et la longévité, les vétérinaires généralistes éprouvent des difficultés à réussir à faire perdre du poids à un animal en surpoids ou obèse et à le stabiliser durablement. Une étude récente indique que le taux de perte de poids est globalement faible et qu’au fil du temps, les chiens ont plus tendance à prendre du poids qu’à en perdre (4). Il a aussi été constaté que les vétérinaires recourent insuffisamment aux aliments spécifiques pour la gestion du poids et éprouvent souvent des difficultés à communiquer efficacement sur le poids de forme. Du côté vétérinaire, ces mauvais résultats pourraient en partie s’expliquer par des contraintes inhérentes à leur métier : absence de priorité donnée au sujet, temps de consultation limité (en général 15 à 20 minutes par animal) et niveau insuffisant de recommandations nutritionnelles détaillées, malgré la disponibilité de lignes directrices informatives et d’outils pratiques à usage clinique, tels que ceux fournis par les organismes vétérinaires professionnels nationaux et internationaux. 

Compte tenu de la prévalence élevée de l'obésité, de son impact profondément négatif sur la santé des animaux et de ses effets sur le bien-être des vétérinaires, il est urgent d’adopter une stratégie globale pour faire face à ce problème. Cette stratégie doit englober à la fois la prévention et le traitement. Cependant, compte tenu du faible taux de réussite des traitements, il serait sans doute plus profitable de donner la priorité à la prévention pour lutter efficacement contre l'obésité canine et féline. Cet article a donc pour objectif de proposer des conseils pratiques aux vétérinaires généralistes pour améliorer le taux de succès des programmes de prévention et de lutte contre l’obésité, et de présenter certains éléments récemment publiés, utilisables en pratique clinique quotidienne.

Prévention

Les vétérinaires et les auxiliaires spécialisés vétérinaires (ASV) ont un rôle très important à jouer pour mettre en place les mesures préventives destinées à lutter contre l'épidémie croissante d'obésité chez les animaux de compagnie. Une prévention efficace commence par une identification précoce des animaux à risque et une éducation proactive des propriétaires afin de limiter la prise de poids dès le départ (Figure 1). De nombreux facteurs de risque d'obésité ont été identifiés, tant chez les animaux que chez les propriétaires : si certains de ces facteurs ne sont pas modifiables, d'autres sont susceptibles d’être influencés par des interventions ciblées.

Les paragraphes suivants présentent un aperçu des principaux facteurs de risque liés aux animaux et à leurs propriétaires, afin d'aider les vétérinaires à identifier les animaux soumis à un risque important de surpoids ou d'obésité. La stratégie que peut mettre l’équipe vétérinaire en pratique sera abordée plus loin. 

Un vétérinaire échange avec un propriétaire de chat.
Figure 1. Un contrôle efficace du poids passe par l’identification précoce des individus à risque et l'éducation proactive des propriétaires dès le départ. Les premières consultations des chiots et des chatons offrent une bonne occasion d’aborder le sujet.

Facteurs de risque liés aux propriétaires

Les propriétaires d'animaux obèses privilégient volontiers les friandises au jeu, interprètent à tort les comportements visant à attirer l'attention comme une demande de nourriture et contrôlent généralement peu ce que mange leur animal (1). Le style « parental » du propriétaire peut aussi être associé à un risque accru de surpoids et d'obésité chez l'animal. Il a par exemple été observé que le « style éducatif permissif » (caractérisé par une grande réactivité et un faible niveau d'exigence) était surreprésenté chez les propriétaires de chiens en surpoids ou obèses. Cette augmentation du risque pourrait résulter d’une plus grande propension à utiliser l’alimentation comme moyen de gratification de l’animal, associée à des attentes moindres ou à une application moins stricte de l’activité physique (5). Les équipes vétérinaires peuvent jouer un rôle crucial en aidant les propriétaires à établir des habitudes saines en matière d'alimentation et d'exercice dès le plus jeune âge de l'animal (1).

Facteurs de risque chez les animaux 

Le poids corporel augmente lorsque l'apport énergétique est supérieur à la dépense énergétique mais ce déséquilibre n’est pas le seul facteur à l'origine de la prise de poids. La race, l'âge et le statut sexuel sont d’autres facteurs de risque bien connus (1). En outre, plusieurs gènes intervenant dans le métabolisme énergétique sont également impliqués dans le développement de l'obésité canine ou féline (6,7). Les équipes vétérinaires doivent aussi être conscientes des conséquences potentielles de la stérilisation, de la prescription de médicaments orexigènes, et des douleurs articulaires susceptibles de limiter la mobilité. 

La prévalence du surpoids et de l'obésité est plus élevée chez les animaux matures : 50,1 % des chiens et 44,8 % des chats seniors sont considérés comme en surpoids, tandis que 12,6 % des chiens et 21,7 % des chats sont obèses. Le surpoids est cependant présent à toutes les étapes de la vie et une proportion notable de chiots (9,5 %) et de chatons (10,7 %) en fin de croissance sont déjà en surpoids, ce qui accroit le risque de surpoids ou d'obésité à l'âge adulte (8). Une vitesse de croissance trop rapide est également associée à un risque élevé de développer un excès de poids ultérieurement (1).

L’influence de la stérilisation sur l'obésité est bien documentée dans les deux sexes. Elle est associée à une augmentation de l'appétit, une réduction de l'activité physique, un métabolisme moins actif et une modification du comportement alimentaire (Figure 2) (9). Chez le chat, la stérilisation peut réduire le besoin énergétique de 30 % (10) alors que la consommation alimentaire spontanée peut augmenter jusqu'à 50 % lorsque l’aliment est proposé à volonté (11). L'augmentation de la consommation alimentaire dépend cependant de l'âge. L'hyperphagie est par exemple plus nette chez les chattes stérilisées à 31 semaines que chez celles stérilisées à 19 semaines (12). À l'inverse, les chatons stérilisés tardivement présentent un gain de poids moins prononcé que ceux stérilisés plus tôt (13). Des recherches sont encore nécessaires pour clarifier les effets de l'âge à la stérilisation sur la croissance et le poids à long terme.

La réduction du niveau d'activité, parfois consécutive à des affections orthopédiques, contribue également au risque d'obésité (1) puisque les besoins énergétiques quotidiens des animaux souffrant de troubles orthopédiques peuvent être significativement réduits (14). L’administration de certains médicaments est également susceptible d’influencer le poids ; les glucocorticoïdes sont par exemple connus pour induire une polyphagie (1) et il en est de même pour les traitements antiépileptiques (AE) donnés aux chiens atteints d'épilepsie idiopathique (EI), qui s’accompagnent d’un risque accru de prise de poids. Dans ce cas précis, les AE augmentent l’intérêt pour la nourriture alors que les chiens atteints d'EI ont déjà tendance à être moins actifs. Enfin, les propriétaires utilisent souvent des friandises pour administrer les médicaments et, même si certains tentent de limiter la taille des repas pour compenser, cela ne semble pas suffisant pour empêcher la prise de poids (15).

Un vétérinaire échange avec un propriétaire de chien.
Figure 2. La stérilisation est un facteur de risque bien connu d'obésité dans les deux sexes. Dès que l’animal a été opéré, le vétérinaire doit informer le propriétaire qu’il est nécessaire de mettre aussitôt en place une stratégie de prévention de l’obésité.

Comment les équipes vétérinaires peuvent-elles aider les propriétaires ?

Un inventaire exhaustif des facteurs de risque liés à l'animal et au propriétaire peut aider les vétérinaires à identifier les animaux présentant un risque élevé de prise de poids, ainsi que les facteurs modifiables à cibler pour les stratégies préventives (voir Encadré 1). Des questionnaires tels que le questionnaire DORA (Dog Obesity Risk and Appetite), qui évaluent les traits de caractère du chien (comme la motivation alimentaire), son état de santé et les comportements des propriétaires, peuvent aider les équipes vétérinaires à identifier plus précisément les animaux prédisposés (16).

 

Encadré 1. Quelques points clés pour aider l'équipe vétérinaire à prévenir l'obésité

  • Évaluer les facteurs de risque, en incluant ceux liés au propriétaire et à l'animal.
  • Proposer des courbes de croissance et des conseils nutritionnels dès la première visite du chiot/chaton.
  • Surveiller le poids après la stérilisation. Prescrire un aliment adapté à la réduction du besoin énergétique.
  • Encourager une activité physique régulière, l'utilisation de jouets alimentaires et l’enrichissement du mode d’alimentation.
  • Détecter et prendre en charge très tôt les douleurs articulaires afin de maintenir la mobilité.
  • Discuter et mettre en garde contre la prise de poids lors de la prescription de médicaments orexigènes.
  • Individualiser et revoir régulièrement les conseils de prévention pour chaque animal.

 

 

Les équipes vétérinaires soutiennent les propriétaires dès les premiers stades de la vie de leurs animaux. Lors de la première visite du chiot ou du chaton, les praticiens peuvent utiliser des courbes de croissance et fournir des conseils nutritionnels adaptés afin de prévenir une croissance trop rapide et un surpoids précoce, tout en favorisant l’instauration d’habitudes alimentaires et d’activité physique saines. Cela inclut des recommandations concernant le choix des aliments, la taille des rations, l’utilisation de jouets alimentaires, la limitation des friandises, la sélection de friandises appropriées, ainsi que la promotion de modes d’expression de l’affection non alimentaires, de même que la préconisation d’une activité physique régulière. 

La gestion nutritionnelle et le suivi attentif de la vitesse de croissance sont également essentiels pour prévenir la prise de poids après la stérilisation, en particulier chez les individus à risque. À ce stade, un aliment spécialement formulé pourra aider à couvrir tous les besoins nutritionnels liés à la croissance tout en tenant compte de la baisse du besoin énergétique. Des conseils visant à augmenter le niveau d’activité devraient également être intégrés à ces consultations.

Le dépistage précoce et la prise en charge efficace des douleurs articulaires pourront permettre d’éviter que les animaux n'entrent dans un cercle vicieux de baisse de la mobilité et de prise de poids. Enfin, en cas de prescription de médicaments orexigènes qui favorisent la polyphagie, le clinicien doit aborder de manière proactive les stratégies de gestion et fournir un accompagnement continu afin de limiter le risque de prise de poids.

Pour que les résultats soient optimaux pour chaque animal, toutes ces recommandations seront individualisées, régulièrement revues et ajustées si nécessaire.

Traitement

La pierre angulaire du traitement de l'obésité canine et féline consiste à tendre vers un bilan énergétique négatif, en réduisant l'apport calorique grâce à un régime alimentaire équilibré favorisant la perte de poids, et en augmentant la dépense énergétique liée à l’activité physique. Une méta-analyse récente a montré qu’une perte de poids est obtenue plus facilement chez le chien (17) s’il reçoit un aliment à densité énergétique réduite (< 3275 kcal/kg de matière sèche (MS)), à faible teneur en matières grasses (< 10 % MS) et en glucides (< 40 % MS), mais riche en protéines (> 25 % MS) et en fibres alimentaires totales (> 12 % MS).

Néanmoins, mettre ces principes en application est souvent difficile. La communication, les facteurs psychologiques et la gestion nutritionnelle sont tout aussi importants que la restriction calorique et l'exercice physique. Il est indispensable d’évaluer l’état d’esprit du propriétaire avant d’initier un programme de perte de poids car si celui-ci démarre prématurément, il risque d’entraîner de la frustration à la fois pour le vétérinaire et pour le propriétaire, ainsi qu'une perte de temps et d'argent. La priorité est plutôt de consacrer du temps à sensibiliser les propriétaires aux risques de maladies liés à l'obésité, et aux avantages de la perte de poids (Encadré 2) (1,18). Dans une étude récente sur les raisons pour lesquelles les propriétaires adhèrent aux recommandations, il apparait que leur motivation dépend essentiellement des risques encourus par leur animal. Mettre l'accent sur l'amélioration de son espérance de vie pourrait donc être une stratégie de communication efficace (19).

 

Encadré 2. Quelques points clés pour accroître l’adhésion et la motivation des propriétaires.

Adhésion des propriétaires

  • Informer sur les risques liés à l’obésité et les avantages de la perte de poids.
  • Évaluer l’état d’esprit du propriétaire avant de proposer un régime.
  • Adapter le protocole au mode de vie et aux contraintes du foyer.
  • Tolérer des friandises hypocaloriques si nécessaire mais les inclure dans le bilan calorique.

Motivation et communication

  • Identifier les motivations principales des propriétaires : « régulation identifiée » et prise de décision rationnelle.
  • Faire des commentaires positifs, laisser le choix et organiser des groupes de soutien.
  • Éviter les jugements et les commentaires négatifs.
  • Se concentrer sur les solutions pratiques, pas sur les points de blocage.

 

 

Une fois que le propriétaire est prêt, le traitement doit être individualisé. Les foyers avec de jeunes enfants, les propriétaires âgés ou les personnes souvent absentes de leur domicile ont besoin de conseils personnalisés, qui prennent en compte leurs contraintes (Figure 3). L'utilisation d’outils connectés peut intéresser certains propriétaires. Les distributeurs automatiques de nourriture peuvent par exemple aider à rationner les chats qui vivent avec des congénères (1,18). De nombreux propriétaires constatent aussi que la stimulation mentale proposée par l'enrichissement alimentaire permet de réduire les comportements de quémandage, de favoriser la satiété et d’être une source de plaisir pour l’animal comme pour le maître (20). Des stratégies simples, comme changer la gamelle d’endroit ou encourager à « chasser sa nourriture », stimulent l'activité physique des chats (Figure 4). Les chats sont généralement enclins à fournir de courtes périodes d'effort plutôt qu'un effort soutenu et les séquences de jeux qui leur seront proposées devront se calquer sur ce comportement naturel (21). 

Un enfant nourrit un chien.
Figure 3. Le contexte familial doit être pris en compte au moment d’initier un programme de perte de poids. Les jeunes enfants sont par exemple souvent tentés d’offrir des friandises au chien, ce qui complique le contrôle des apports caloriques.
Un chat pose sa patte sur un rouleau d'essuie-tout.
Figure 4. Il existe des façons simples d’encourager un chat à faire de l’exercice, comme le fait de lui faire « chasser » sa nourriture.

L’identification des freins et des contraintes non négociables est tout aussi essentielle. Par exemple, lorsqu’il est impossible de nourrir un chien quatre fois par jour, recourir à des distributeurs automatiques peut constituer une alternative plus adaptée que d’insister sur un schéma alimentaire difficilement applicable (Figure 5). De même, lorsque la réduction des friandises est difficile à mettre en œuvre, autoriser de petites quantités de friandises hypocaloriques — ou l’utilisation de friandises appétentes pour l’administration de médicaments — peut contribuer à maintenir l’adhésion au protocole, à condition que le bilan énergétique global tienne compte de ces apports caloriques. L’équipe vétérinaire doit privilégier des solutions pratiques plutôt que de se focaliser sur les points de blocage (1,18).

Le chien mange grâce à un distributeur automatique de nourriture
Figure 5. La réussite d’un programme de contrôle du poids de l’animal implique d’abord d’identifier les contraintes du propriétaire et de proposer ensuite des solutions pratiques. Par exemple, si le propriétaire n'est pas prêt à nourrir son chien quatre fois par jour, il sera proposé d’utiliser un distributeur automatique pour fractionner la ration.

Motivation du propriétaire

L’Observance et le taux de réussite seront améliorés si la stratégie de communication vétérinaire est élaborée en fonction des motivations et des critères décisionnels du propriétaire. Une étude récente a révélé que la « régulation identifiée » (définie comme un comportement valorisé et perçu comme un choix, bien que n’étant pas intrinsèquement agréable) était le style motivationnel prédominant, tandis que le style de prise de décision « rationnel » était le plus courant parmi les propriétaires d’animaux participant à des programmes de perte de poids (19). Les recommandations pratiques qui en découlent incluent la mise en place de récompenses à destination des propriétaires (par exemple, des prix ou des réductions), la possibilité de choisir entre plusieurs options nutritionnelles, la valorisation des efforts par des retours positifs, l’organisation de groupes de soutien, ainsi que l’explication du fondement des recommandations vétérinaires. En revanche, les commentaires négatifs devront être évités. Il existe cependant des typologies différentes de propriétaires et les vétérinaires doivent toujours respecter leurs préférences et leurs critères de décision. Des études supplémentaires sont nécessaires pour clarifier la manière dont ces facteurs psychologiques influencent le succès des programmes de perte de poids et comment les équipes vétérinaires peuvent concrètement mettre à profit de ces connaissances dans la pratique (19). 

Il est important de faciliter chaque étape du processus pour les propriétaires (1,18). Par exemple, si l’animal doit participer à des consultations de physiothérapie (souvent utiles pour les chats obèses) ou de comportement, celles-ci doivent être facilement accessibles (21). Certains traitements pharmacologiques adjuvants peuvent également présenter un intérêt. À ce jour, une seule étude a évalué l'utilisation du liraglutide, un analogue du glucagon-like peptide-1 (GLP-1), chez des chiens en surpoids ou obèses : 7 chiens ont reçu du liraglutide pendant 40 jours, tandis que 7 autres chiens servaient de témoins. L'appétit et la note d’état corporel ont été diminués dans le groupe traité mais il n’y a pas eu d'effet significatif sur la perte de poids par rapport au groupe témoin. Des études à plus grande échelle et à plus long terme sont donc nécessaires pour pouvoir recommander l’utilisation d’analogues du GLP-1 dans le cadre d’un programme de perte de poids (22).

Enfin, un suivi structuré est essentiel pour obtenir un résultat satisfaisant et doit être organisé par l’équipe vétérinaire, plutôt que laissé au propriétaire. Une approche coordonnée et basée sur le travail d’équipe garantissant une cohérence des messages entre les vétérinaires, les ASV et, le cas échéant, les nutritionnistes ou spécialistes est indispensable (1,18).

Comprendre la motivation et ce qui guide les décisions des propriétaires peut aider les vétérinaires à mettre en place une stratégie de communication visant à améliorer l’observance et le taux de succès.

Myriam Hesta

Conclusion

La prévalence du surpoids et de l'obésité chez les chiens et les chats est élevée et continue d'augmenter, ce qui entraîne des conséquences négatives importantes sur leur santé, leur bien-être et leur espérance de vie. L'équipe vétérinaire joue un rôle crucial dans la prévention et la prise en charge de cette maladie mais le taux de réussite des régimes est souvent faible, ce qui peut s’avérer frustrant aussi bien pour les vétérinaires que pour les propriétaires. Le manque de compréhension et d'adhésion des propriétaires aux recommandations, ainsi que le peu de temps consacré au sujet lors des consultations, figurent parmi les principaux facteurs responsables de cette situation. Seule une approche collaborative, impliquant l'ensemble de l'équipe vétérinaire, peut permettre de lutter efficacement contre l'obésité canine et féline, en mettant l'accent à la fois sur la prévention et sur le respect des mesures préconisées. 

Références

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  2. Jørgensen FK, Bjornvad CR, Krabbe B, et al. Evaluation of laboratory findings indicating pancreatitis in healthy lean, obese, and diabetic cats. J. Vet. Intern. Med. 2025;39:e17236, doi.org/10.1111/jvim.17236.
  3. Fraser-Celin VL, Boulton A, Keil K, et al. When veterinarians treat plus-sized pets: Insights for veterinary practice. Can. Vet. J. 2024;65:920-926.
  4. Haddad KK. How successful are veterinary weight management plans for canine patients experiencing poor welfare due to being overweight and obese? Animals. 2024;14:740. https://doi.org/10.3390/ani14050740.
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Myriam Hesta

Myriam Hesta

DMV, PhD Vet Sci, Dipl. ECVCN, Département de Morphologie, Imagerie, Orthopédie, Rééducation et Nutrition, Faculté de Médecine Vétérinaire, Université de Gand, Belgique

Diplômée de Gand en 1996, le Dr Hesta a commencé à travailler au laboratoire de Nutrition Animale de l'Université et a obtenu le diplôme du Collège Européen de Nutrition Vétérinaire et Comparative (ECVCN), en 2001. En 2003, elle a soutenu son doctorat à propos de ses recherches sur les prébiotiques chez les animaux de compagnie. Elle est actuellement professeur de Nutrition à l'Université de Gand et elle est également en charge de la nutrition clinique des animaux de compagnie. Dans le cadre de ses fonctions, elle a mis en place une clinique de suivi du poids au sein de la faculté avec le soutien de Royal Canin, et elle continue de s’intéresser particulièrement à la prévention de l'obésité chez les chiens et les chats.

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